Tout d'abord, voici une légende qui a
un rapport direct avec ce
parcours...
LA NOËL TRAGIQUE DE LA REINE
JEANNE
La reine Jeanne reste une des figures les plus
admirées et les plus adulées de la Provence où sa légende a
fleuri en abondance, bien que douloureusement teintée de
l'incarnat du sang versé.
Nombre de châteaux, aux
murailles désormais délabrées ou démantelées, dorées par le
soleil, comme à Châteaurenard, Ventabren, Salon ou Pertuis,
ont appartenu à l'épouse du roi René.
Des palais
Renaissance ont été édifiés à son initiative.
D'anciens
monuments en ruines, des ponts, des aqueducs, des fontaines,
tout ce qui touche l'imaginaire par son aspect antique,
romantique ou féerique, porte son nom.
Jusqu'à des
escaliers ou des chemins pavés. Mais aussi le magnifique
pavillon baptisé de son prénom, qui enlumine les
Baux-de-Provence et que le poète du Félibrige, Frédéric
Mistral, a pris pour poncif quant au plan de son tombeau ...
La souveraine était à la fois pour ses sujets familière et
singulière, mythique mais malheureuse. Ils n'oubliaient pas
que leur région avait constitué pour elle une terre de refuge
providentielle et paradoxalement un contexte d'immense
souffrance.
La légende rapporte en effet qu'à Coaraze,
village qui domine le Paillon, et qui abrite les vestiges du
château de Rocca-Sparviera - la Roche de l'Épervier - se joua
un des épisodes les plus dramatiques de la vie de leur reine.
Le castel construit sur une crête surplombait jadis les gorges
de la Vésubie.
Un jour, Jeanne fit une entrée mouvementée
dans le paisible bourg, retiré des agitations de la
civilisation. À la tête d'une troupe toute de tactique, fuyant
des forcenés fanatiques, elle arrivait d' Avignon en compagnie
de ses enfants. Elle décida aussitôt d'occuper la bâtisse
abandonnée, qui passait déjà à cette époque pour maudite.
À ses côtés, s'agitait un personnage patibulaire, aux
pieds bizarrement fourchus. Ce moine à la mine minable
semblait davantage honorer Bacchus, en buveur bourru et
bestial, que le Dieu des chrétiens, ainsi qu'on aurait pu
légitimement s'y attendre.
Les jours coulaient
tranquillement dans l'imposante tour. Bientôt l'automne
déroula sa parure d'or, de cuivre et de pourpre.
Puis vint
l'hiver, ses frimas et la noble nuit de la Nativité. La
châtelaine, pour se rendre au village afin d'assister à la
messe de minuit, quitte la forteresse où ses enfants dorment
déjà. Alors qu'elle franchit d'un pas alerte un profond ravin,
une voix rauque d'outre-tombe la glace d'effroi, prononçant
ces mots d'un poids indéchiffrable:
«La reine, au retour
de l'église, trouvera la table mise!» La phrase, à consonance
ésotérique, lui paraît énigmatique et menaçante. Blottie dans
le chœur du sanctuaire, parmi les paroissiens qui la
réconfortent, elle s'enfonce dans les rites, les chants et les
louanges des anges proclamant la gloire du Nouveau-Né pour
trouver, en cette célébration de réconciliation, une certaine
consolation.
Sa réapparition dans le donjon n'est que
confirmation de ses soupçons. Elle y découvre Don Pancrazio,
le religieux, aviné, attisé, attablé face à un funeste festin,
et reconnaît les corps de ses minots reposant sur un lit
d'herbes aromatiques, accommodés tels des venaisons.
Une
corde coulée autour du cou, un poignard planté en pleine
poitrine, ils gisent là, victimes innocentes d'un satanique
sacrifice, sourds à jamais aux pleurs et aux plaintes de leur
pantelante génitrice, effondrée.
D'abord accablée,
affolée, atterrée, elle reste longtemps prostrée près de la
cheminée. Puis épouvantée, elle se met soudainement à proférer
de prémonitoires imprécations : «Maudit roc, le jour viendra
où ne chantera plus en tes flancs un seul coq! »
Et elle
partit sans se retourner. ..
On comprend pourquoi cette
mère infortunée inspira indubitablement à la population
provençale des sentiments mêlés de passion et de
compassion.
Voila une histoire qui glace de peur
tout le long de la ballade!
D'un autre coté, ce n'est pas
plus mal car ca permet de penser à autre chose qu'aux 2
montées un peu difficiles à passer.
Le dénivelé montant
est de 500 metres
L'itinéraire retour étant le même qu'à
l'aller, le dénivelé descendant est aussi de 500
mètres.
Ballade à classer dans une difficulté moyenne, les
4 collines à passer ayant des dénivelés peu
constants.
Si les enfants sont de bons marcheurs, elle
est familiale.
FICHE
DESCRIPTIVE
Hameau fantôme aux murailles en
lambeaux, Rocca Sparvièra évoque plus une lamaserie du Tibet
qu'un village des Alpes-Maritimes. Littéralement "rocher des
éperviers", ce site perché à 1 100 m d'altitude surplombe la
vallée du Paillon à l'Est, les gorges de la Vésubie à l'Ouest
ainsi que l'échancrure abrupte du col Saint-Michel au Sud :
c'est dire la maîtrise absolue des voies de passage qu'il
permettait dans les temps médiévaux si troublés. Découvrir pas
à pas les ruines de ce hameau fortifié, c'est un peu remonter
le fil d'une histoire qui reporterait le visiteur plusieurs
siècles en arrière, au début du second millénaire. On aura
quelque difficulté à imaginer qu'à son apogée, Rocca Sparvièra
compta jusqu'à 350 habitants, la communauté étant dotée d'une
administration, d'une seigneurie, d'un notaire, d'un curé
...
Itinéraire
Du parking d'entrée du village (620
m), prendre vers l'Ouest une petite route qui dessert des
habitations (b.200), passer devant la curieuse chapelle Notre
Dame des Sept Douleurs (dite "chapelle Bleue"), décorée de
fresques moderne, et continuer jusqu'à trouver sur la gauche
l'amorce d'une piste forestière (b.201).
Remonter
celle-ci pour parvenir bientôt à un lacet caractéristique (698
m - b.202) qui offre une jolie vue sur le promontoire de
Coaraze.
Progresser alors vers le Nord sur une longue
transversale au-dessus des gorges de Paillon en franchissant
plusieurs petits vallons marneux et des croupes dénudées
piquetées de pins épars.
On atteint ainsi le
stratégique col Saint-Michel (960 m - b.443) qui domine le
charmant hameau de l'Engarvin; poursuivre l'ascension
(Nord-Ouest) par le sentier aérien qui défend l'accès à la
chapelle Saint-Michel (1089 m - b.444) et aboutir peu après
aux ruines de Rocca Sparvièra (1 110 m), balcon sur la vallée
du Paillon de Contes.
Retour par le même
itinéraire.
NB : prudence dans la visite du hameau
ruiné, abandonné au cours du XVIIe siècle, car certains pans
de murs menacent de s'écrouler et les voûtes de se percer en
raison de cette vétusté séculaire.