La fumagine est la prolifération de plusieurs espèces de champignons
microscopiques ou "cryptogames". Elle forme une fine pellicule noirâtre qui
s'installe d'abord sur les feuilles puis finit par recouvrir l'ensemble des branches de l'arbre.
Elle ne s'attaque pas à proprement parler aux cellules végétales
mais est dangereuse pour l'olivier car elle nuit à la photosynthèse et
l'empêche de respirer en bloquant les échanges gazeux. De par sa couleur noire,
elle provoque une brûlure de la végétation. La production d'olives sera
gravement affectée et elles seront de moins bonne qualité.
Pour se développer, ces champignons ont besoin d'un "substrat" dont ils se nourrissent.
Il s'agit pour la fumagine du miellat secrété par les insectes piqueurs qui
sucent la sève de l'arbre. Chez l'olivier, il s'agit principalement de la cochenille.
Un autre facteur important de prolifération est la douceur de la température
ambiante, l'humidité et l'obscurité. C'est pourquoi la fumagine se
développe surtout au printemps et à l'automne, sur des oliviers aux feuillages
trop denses.
Une fumure trop azotée est aussi en partie responsable. De même, des herbes
trop hautes sous les oliviers entretiennent une atmosphère humide qui aggrave la
situation.
Cette maladie est rarement mortelle pour l'arbre et seulement lorsqu'il est totalement
négligé.
Généralement, il suffira de le tailler sévèrement pour
l'aérer au maximum puis de le traiter avec une solution de cuivre sur l'ensemble
de la frondaison, au début du printemps et de l'automne, pour régler
le problème. Dans les zones infestées ou à risque, il serait bon de
faire ce traitement à titre préventif. Pour qu'il ait sa pleine
efficacité,
il faudra bien insister sur l'intérieur du feuillage, traiter aussi le tronc et
les branches maîtresses et enfin recommencer le travail si une grosse pluie est survenue
quelques jours après le traitement.
Les spécialités que l'on trouve généralement dans le commerce sont :
Le Viricuivre (750g/hl), le Cupravit (750g/hl), la bouillie bordelaise (1kg/hl)
Cyclonium ou "oeil de paon" :
(Cycloconium Oleaginum)
Le cyclonium ou "oeil de paon" est une colonie de champignons cryptogamiques qui
s'installe sur les feuilles. Il doit son nom à son aspect : une série de cercles
concentriques de différentes couleurs allant du noir au vert foncé puis
du jaune au marron.
Sa période de prolifération est le printemps et l'automne lorsque
l'atmosphère est douce et humide. Il commence par s'en prendre aux branches
basses puis envahit tout l'arbre. Les feuilles tombent rapidement et l'olivier se
dénude sévèrement jusqu'au remplacement des feuilles. La production
d'olives est gravement affectée.
|
|
Il faut se méfier du cyclonium car son attaque est très rapide en situation
favorable. Dès les premiers symptômes, il faudra traiter l'ensemble du
feuillage à la bouillie bordelaise ou tout autre traitement au cuivre. Il serait bon
de le faire à titre
préventif au début du printemps et à l'automne avec les
recommandations d'usage, c'est à dire renouveler le traitement si des pluies
abondantes sont survenues quelques temps après.
Pourridié :
(Armillariella mellea)
Le pourridié est une maladie mortelle pour l'olivier.
|
C'est un champignon dont le mycélium, un réseau de fils blanc crème
ressemblant à des racines, s'installe
entre l'écorce et le bois des racines et du collet. Le champignon proprement dit,
qui n'est en fait que le fruit du mycélium, apparaît à l'automne, dans les périodes
douces et humides, près de la base du tronc de l'olivier.
|
|
|
Il forme un groupe serré de cornets de 10 à 20 cm de haut et de couleur miel,
d'où son nom :
Armillariella mellea (miel en latin). Lorsque l'arbre meurt, ses racines ont une odeur de
moisi caractéristique de marc de cidre.
|
|
Les conditions favorisant l'apparition de ce champignon sont :
- Un terrain lourd et humide en permanence.
- Des racines mortes et pourrissantes.
- Des débris végétaux ligneux enterrés avant décomposition.
- Un arbre affaibli et aux racines blessées.
- Un amendement avec du fumier frais et non décomposé.
Cette maladie est souvent fatale pour l'olivier et très contagieuse pour
ses voisins.
Le traitement est difficile et souvent inefficace. D'après l'expérience
de plusieurs oléiculteurs, certains oliviers semblent se tirer d'affaire eux même
(peut être grâce à une année de sècheresse).
Le mieux est de ne pas tenter le diable et faire le nécessaire pour que
la maladie ne s'installe pas.
- Ne pas laisser des racines mortes dans
le sol ainsi que des morceaux de bois pourrissants.
- Si votre sol est lourd et gorgé d'eau, incorporez y de l'humus bien
décomposé et de la chaux.
- N'enfouissez jamais de fumier insuffisamment décomposé.
- N'arrosez jamais exagérément votre oliveraie.
Millerandage et coulure :
La coulure est l'absence de fécondation de la fleur. Elle se
développe normalement puis disparaît sans laisser de trace.
La millerandage est la fécondation imparfaite de la fleur qui donnera un petit fruit de
la taille d'un grain de poivre qui se développera normalement.
|
|
Les causes sont multiples :
- Une période de pluie, d'humidité et/ou de froid pendant le court moment ou
les fleurs sont fécondables.
- Une carence en azote et en potassium au moment de la floraison, particulièrement
pour l'azote. D'où l'importance des apports fractionnés de cet engrais au printemps.
- Un manque d'oligo-élément et, au tout premier rang, de bore. Il suffit,
pour s'en prémunir, d'ajouter du Solubore aux traitements cupriques de printemps, avant
et après la floraison.
- Un manque d'eau pendant cette période de croissance cruciale ou l'olivier en a le
plus besoin.
- Une taille trop sévère qui oblige l'olivier à puiser dans ses
réserves pour reconstituer sa frondaison.
- Enfin, et seulement en ce qui concerne le millerandage, il peut exister une cause d'ordre
génétique ou un problème d'auto-incompatibilité de la
fécondation par le propre pollen de l'arbre. C'est vrai pour certaines
variétés d'oliviers comme la Lucques mais c'est rarement le cas pour le
Cailletier.
En conclusion, si vous avez beaucoup de problèmes de coulure ou
millerandage, et que le temps pendant la floraison était favorable, remettez en cause
sans plus attendre, votre façon de soigner votre sol et vos oliviers.
La verticillose :
Si vous observez une ou plusieurs branches qui sèchent entièrement
et soudainement, il s'agit certainement de la verticillose. C'est un champignon qui s'attaque
aux racines de l'arbre et dont il n'existe, pour l'heure aucun traitement.
La maladie est rarement mortelle. Elle s'estompera pendant quelques années puis
réapparaîtra ou disparaîtra complètement.
Le chancre (ou rougne):
Il s'agit d'une bactérie qui infecte le système de circulation de
la sève et dont il est très
difficile de se débarrasser.
Elle forme sur les branches de toutes taille des excroissances de bois qui ressemblent à
des verrues. L'arbre ne semble pas en souffrir. Pour limiter la maladie, il faut
éliminer, autant que faire se peut, ces branches malades et surtout bien
désinfecter les outils de coupe avant de passer à un autre olivier.
|
|
|