Lorsqu'il a contracté le virus de l'oléiculture et
qu'il a acquis une oliveraie ou hérité de celle de ses grands-parents,
le débutant se retrouve un jour, une tronçonneuse à la main,
au pied d'un de ces géants qui pendant des décennies a du lutter seul contre
les baragnes (ronces), ++++(genets), ++++ (chênes verts) et autre +++++(
chèvrefeuille).
L'écorce, parfois depuis la base jusqu'au plus haut des branches maîtresses
part en lambeau et découvre des zones de pourriture souvent assez sévères.
L'intérieur de l'arbre est une jungle de branches sèches avec, de-ci
de-là un rameau encore vivant mais aux feuilles malades. Près de
la base du tronc, quelques branches semblent en meilleure santé et portent
même des fruits. L'arbre, à la recherche de la lumière, a
poussé de manière déséquilibrée, généralement
dans le sens de la pente s'il est planté sur des restanques comme c'est
souvent le cas chez nous. Tout autour de lui, une dizaine de rejets, dont certains
ont presque la taille d'un arbre adulte, forment une petite forêt.
L'erreur du novice est de penser que ses premières récoltes seront
plus abondantes s'il conserve le maximum de branches et qu'il pourra toujours
éliminer les plus mauvaises les années suivantes. Ce n'est que plus
tard qu'il se rendra compte avec quelle rapidité un olivier bien aéré,
dans un sol fertile, produit de grosses branches saines qui porteront de belles
grappes de magnifiques olives. A l'opposé, après le passage de certains
prétendus experts, ce même olivier, avec son tronc coupé à
un mètre de hauteur et sans aucune branche, ressemblera à une borne
kilométrique. Comme en toute chose, le juste milieu est le meilleur des
choix.
Le premier choix à faire est de décider s'il faut garder l'arbre
lui-même ou l'éliminer au profit d'un de ses rejets. Si le tronc
a perdu son écorce sur plus d'un tiers de sa circonférence et si
la pourriture l'a attaqué gravement, il vaut mieux le couper au pied.
Dans ce cas, le deuxième choix important est celui du rejet à conserver.
Selon la taille des rejets, disons moins de 10 cm de diamètre à
la base du tronc, il faudra en conserver de 3 à 4, espacés de 2
à 3 mètres, afin de choisir le plus beau quelques années
plus tard. A ce moment là et étant donné la dimension qu'atteignent
les Cailletiers, nous ne conseillons pas de les conserver tous comme cela se fait
souvent en Provence. D'une part, la souche principale sera plus difficile à
éliminer et le travail du sol s'en trouvera compliqué ; d'autre
part, il sera impossible d'adopter la taille en gobelet qui, disons le encore,
est la plus appropriée
Selon la dimension des rejets conservés, une taille de formation devra
être effectuée. (Voir chapitre :Taille
de formation). L'emplacement de l'heureux élu par rapport aux autres
oliviers est d'importance capitale. Il faudra estimer son développement
futur afin qu'il ne gène pas ses voisins, qu'il respecte l'alignement général
de la plantation et ne complique pas le travail du sol. En quatre années,
si la terre est travaillée et fumée correctement, profitant pour
lui tout seul d'un vaste réseau de racines bien établi, il devrait
donner déjà une belle récolte
Nous avons donc décidé, avec un pincement au coeur, d'éliminer
l'olivier principal. L'abattage d'un arbre de 10 mètres de haut est une
opération dangereuse qui a coûté la vie à plus d'un
oléiculteur. Il ne tombera jamais là où vous l'avez décidé
et, s'il ne vous envoie pas à l'hôpital, il endommagera un arbre
voisin ou le plus beau rejet que vous vouliez garder. Le mieux est d'abord d'éclaircir
l'intérieur de l'olivier avec une scie ou un sécateur puis de débiter
une à une les branches maîtresses. Tout cela bien sur, en étant
équipé d'un harnais de sécurité. Lorsqu'il ne restera
plus qu'un tronc de hauteur raisonnable, il vous suffira de faire une encoche
du coté ou vous voulez le voir tomber puis de couper 10 cm plus bas de
l'autre coté.
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Heureusement, vous n'avez pas été obligé d'en arriver à ces extrémités.
Lors du débroussaillage, tel un explorateur devant un temple Maya, vous
avez découvert un olivier sain, à l'écorce soudée
au tronc et aux branches bien vivantes.
La première opération à faire est donc d'éliminer
tous les rejets puis d'éclaircir à la scie et au sécateur
tout l'intérieur de l'arbre sans toucher encore aux branches maîtresses.
Descendez au sol, reculez-vous et levez les yeux. Vous devriez voir à
peu près cela :
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Tournez autour et repérez les branches à conserver pour arriver à
ceci :
Elles devront être au nombre de 4 à 8 selon la dimension de l'arbre,
former un angle qui ne soit pas inférieur à 45 degrés par
rapport au tronc et, si possible avoir leur point d'attache légèrement
décalé. En effet, cela renforce leur résistance à
l'arrachement en cas de coup de vent, de neige abondante ou (on peut rêver)
de récolte miraculeuse. De plus, cela facilitera l'escalade lorsque vous
n'aurez plus vingt ans. La hauteur de ces charpentières par rapport au
sol sera encore un choix délicat qui engagera l'avenir. Trop hautes, elles
rendront l'entretien de l'olivier plus difficile. Trop basses, elles gêneront
la circulation entre les arbres et ne favoriseront pas l'ensoleillement et l'aération.
Un bon compromis serait une hauteur de 1 à 2 mètres. Si le tronc
principal est court et se divise rapidement en plusieurs troncs secondaires, l'entretien
du sol près de sa souche par des engins mécaniques sera impossible
mais ce sera un plaisir de l'escalader. Encore un choix délicat à
faire.
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Les coupes principales devront être faites légèrement en biseau
et si possible face au sud de façon à éviter la stagnation
de l'eau et la pourriture.
Après avoir bien peser le pour et le contre, il ne vous
reste plus qu'à remonter là haut et commencer la taille. Un point
important à respecter scrupuleusement est de toujours faire une entaille
sous la branche, à l'endroit de la coupe, pour éviter que la branche
n'arrache l'écorce lorsqu'elle tombe.
De temps en temps, et lorsque vous avez un doute, n'hésitez pas à
redescendre pour avoir une vue de l'arbre dans son ensemble et ce, depuis plusieurs
angles. Lorsque vous êtes satisfait de vous, il vous reste à faire
une taille de fructification comme décrite dans le chapitre suivant.
Les puristes auront préalablement enduit de mastic cicatrisant les surfaces
des différentes coupes.
Les autres formes de taille
Naturellement, personne ne vous dressera procès verbal si vous ne taillez
pas vos Cailletiers en forme de gobelet. D'autres formes sont possibles et vous
voudrez peut être faire vos propres expériences. Mais gardez toujours
à l'esprit qu'en matière de taille de formation, vos décisions
vous engageront pour de longues années.
La taille en étage :
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Un ou plusieurs arbres majestueux autour de votre maison, lui donneront un cachet
incomparable et le Cailletier est sans doute le meilleur choix. Deux ou trois
étages de branches charpentières est la forme la mieux adaptée
et facilitera l'escalade, l'entretien, la récolte et la taille.
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La taille en cône :
Elle consiste simplement en un tronc unique sur lequel partent plusieurs étages
de branches fructifères. Elle est adaptée à des arbres
de petite taille et à la récolte mécanique par vibration
du tronc. Elle permet une plus grande densité des arbres à l'hectare.
Plusieurs expériences sont en cours dans le département.
Taille de fructification.
Nous l'avons déjà dit, l'olivier fructifie uniquement
sur le bois de deux ans, c'est à dire sur les rameaux qui se sont développés
le printemps précédent. Le jeu consistera donc à favoriser
au maximum cette production de rameau en éliminant les branches qui ont
déjà produit mais tout en conservant celles qui produiront ces
même rameaux l'année suivante.
La taille devra en outre tenir compte de quatre autres facteurs importants :
- Plus la branche est proche du tronc principal et plus les olives qu'elle produira
seront belles et abondantes.
- Plus une branche maîtresse est jeune, plus elle est productive. L'idéal
étant une branche de 4 à 5 ans.
- Le Cailletier, tel le saule pleureur, a une tendance naturelle à incliner
vers le sol ses branches extérieures. Ces branches, qu'on appelle des
"pendoulliers" sont productives mais donnent des olives souvent petites et moins
saines si elles sont trop touffues et trop éloignées du tronc.
- Tout comme un alpiniste, l'olivier a une obsession : monter toujours plus
haut. Il produit chaque année, le plus près possible de son tronc,
des gourmands qui monopolisent une grande partie de la sève. Ces gourmands
sont à éliminer mais... constitueront les futures branches maîtresses
de remplacement.
Vous vous dites certainement que cette taille de fructification s'apparente
de plus en plus à la quadrature du cercle. Soyez fiers d'être paysan
car c'est le genre de chose qu'un Enarque serait bien incapable de faire puisque
tout n'est qu'une question de décisions qui auront un impact direct sur
la récolte de plusieurs années.
Idéalement, voici comment se présente une branche avant la récolte.
Au mois d'avril de l'an I, la branche qui portait les fruits (No 1) devra être
coupée sans hésitation puisque sa remplaçante pour l'an
II est déjà là (No 2).
La branche No 3 constituera la branche fructifère de l'an III
Pour la branche No 4 qui sera la fructifère de l'an IV, on choisira soit
celle qui est sur la branche No3 si nous sommes encore dans la limite d'atteinte
des outils, soit celle qui est plus près du tronc si on veut réduire
l'envergure de l'arbre.
Dans tous les cas, les branches qui poussent sur la face intérieure seront
supprimées.
Certains gourmands bien placés sur les branches maîtresses seront conservé
pour former les futures charpentières. Ils ne seront pas taillés
l'année suivante (an II), puis seront éclaircis ensuite (an III
et an IV) pour enfin remplacer la branche d'origine (an V). Les autres gourmands
seront éliminés. Ceux qui auront repoussé durant le printemps
et l'été seront à nouveau coupés avant la récolte
de l'an II, sauf celui qui remplacera la charpentière voisine.
Dans la mesure du possible, les branches atteintes de maladies tel que le chancre
ou la fumagine seront éliminées. Il est bon, après avoir
travaillé sur un arbre atteint, de nettoyer ses outils à l'eau
de javel ou tout autre désinfectant pour ne pas contaminer les autres
oliviers.

Deux autres règles simples sont encore à respecter durant la taille
:
- Toujours couper au ras du point de départ de la branche. Ne laissez pas
de moignons disgracieux qui émettront tous les ans des rejets inutiles.
- Les branches ne doivent pas se croiser.
Vous pensez en avoir terminé ?
Et bien non ! Il y a encore un facteur qui compliquera votre travail.
Comme déjà dit précédemment, l'olivier, comme la plupart
des végétaux, est en permanence à la recherche de la lumière.
Toutes les branches qu'il émettra auront tendance à pousser dans
sa direction, c'est à dire là où ses voisines ne la gênent
pas et de préférence vers le sud. Si vous voulez avoir de beaux
oliviers aux formes harmonieuses, vous devrez vous battre tous les ans pour imposer
votre volonté et forcer certaines nouvelles charpentières à
se diriger vers le nord. Ne compter pas trop sur l'aide d'une attache qui forcera
la branche à s'incliner dans cette direction. Lorsque vous l'enlèverez,
vous aurez la surprise de la voir s'avachir lamentablement jusqu'à toucher
le sol. Le mieux est de s'armer de patience et chaque année de couper le
rameau qui prend la mauvaise direction et qui malheureusement est souvent le plus
vigoureux.
Faut-il tailler tous les ans ?
Deux écoles s'affrontent. Pour les partisans d'une taille annuelle, un
olivier dans un sol fertile et entretenu, renouvelle assez de bois pour fournir
une bonne récolte tous les ans et n'a pas besoin de repos végétatif.
La taille, étant plus légère prend moins de temps et les
arbres sont en meilleure santé.
Pour les autres, il est préférable de ne tailler que la moitié
des oliviers tous les ans, ce qui compense le phénomène d'alternance
qu'ils disent inévitable. De plus, les branches étant plus nombreuses
au moment de la taille, on a une liberté plus grande dans le choix de celles
à éliminer. La récolte est plus abondante puisqu'il y a plus
de végétation.
Si une étude sérieuse sur le sujet a été faite, nous
aimerions en connaître le résultat. En tout état de cause,
un intervalle de deux ans est un maximum entre deux tailles.
Que faire des branches coupées ?
Les brûler semble être la pratique la plus courante. Le problème
est qu'une oliveraie est par définition un endroit planté d'arbres.
Malgré toutes les précautions qu'on peut prendre, il arrivera toujours
un moment où des flammes trop hautes, poussées par un coup de vent
intempestif, iront lécher une branche qui perdra ses feuilles quelques
jours plus tard. Tout cela n'est rien comparé aux incendies de forêt
qui sont déclenchés pour les mêmes raisons chaque année.
D'autre part, si on est un peu négligeant et qu'on tarde trop, on s'aperçoit
un beau matin que l'été est arrivé et que Monsieur le préfet
nous interdit d'allumer notre feu. Notre belle oliveraie, propre comme un terrain
de golf, ressemblera l'automne venu à un terrain vague. Pendant ce temps,
tous les parasites, champignons et autres bactéries présents sur
les branches malades auront eu le temps de proliférer. Même si vous
êtes un oléiculteur sérieux et responsable et que vous faites
votre feu en temps et en lieu convenable, vous risquez de vous fâcher avec
votre voisin "rurbain" et écologiste qui vous reprochera de ne pas pouvoir
respirer sur sa terrasse et de polluer la planète. Enfin si vous-même
êtes un vrai écologiste, vous aurez scrupule à, en quelques
heures, remplacer par du gaz carbonique tout l'oxygène que vos oliviers
auront mis une année à produire.
Toutes ces raisons font que le broyage et le compostage des branches coupées
est la meilleure solution pour s'en débarrasser. Mais même s'il n'en
fallait qu'une seule, ce sera le fait qu'en une ou deux années, vous aurez
à votre disposition une quantité appréciable de bon terreau
qui profitera largement à vos oliviers et vous fera faire des économies.
Par chance, l'olivier est un des arbres dont la feuille se décompose le
plus rapidement. L'inconvénient du compostage est un surcroît de
travail, un investissement en matériel non négligeable mais surtout
le risque de propager les maladies qu'apporteraient les branches contaminées.
Pour éviter cela il faudra que la fermentation soit rapide et complète
surtout au début du processus. Il suffira, pour monter en quelques jours
la température du compost à plus de 70 degrés de mélanger
les végétaux, après les avoir humidifiés raisonnablement,
avec un peu de fumier et de rajouter quelques poignées d'engrais azotés.
Taille de formation.
Disons tout de suite qu'un jeune arbre ne doit pas être taillé
avant sa troisième année.
Un tel arbuste, amputé d'une de ses branches, verra son développement
gravement retardé et sera plus vulnérable aux maladies. On pourra,
la deuxième année couper quelques branches basses qui touchent le
sol. Un proverbe dit qu'à cet age là, il vaut mieux l'épandeur
que le sécateur
La troisième année, on taillera ces branches basses un peu plus
haut afin d'obtenir un tronc d'un mètre de haut qui est l'idéal
pour des oliviers en production.
La quatrième année, on pourra commencer à éclaircir
l'intérieur de l'arbre et sélectionner les 4 ou 5 futures charpentières.
Souvenons-nous bien qu'il faudra choisir ces branches légèrement
décalées sur le tronc car si elles étaient toutes au même
niveau, nous les découvririons arrachées à la première
chute de neige importante ou à la première tempête.
A partir de la quatrième année, la taille de formation deviendra
peu à peu une taille de fructification qui, comme nous l'avons déjà
vu, est aussi un peu une taille de formation.
Le dessouchage.
Lorsque l'on a coupé un vieil arbre pour le remplacer par
un de ses rejets, il reste à faire un des travaux les plus pénibles
de l'oléiculture : enlever la souche.
Cette souche, qui avec les racines principales peut atteindre jusqu'à 4
mètres d'envergure, interdit de travailler et de fumer la terre tout autour
du nouveau sujet.
Elle l'empêche de former sa propre souche de façon harmonieuse.
En produisant en permanence de nouveaux rejets, elle monopolise une quantité
importante de sève.
Elle gène la pose des filets pendant la récolte.
Enfin et surtout, elle risque, en pourrissant, d'apporter le terrible pourridié
(voir "Maladies) et d'entraîner son rejeton dans sa mort, si ce n'est de
contaminer toute la plantation.
Il faudra bien couper le cordon ombilical un jour
Il ne faut toutefois pas le faire trop tôt pour laisser au jeune rejet le
temps de profiter du vaste réseau de racines de son père et de former
le sien propre. Lorsqu'il aura 4 à 5 ans et donnera ses premiers fruits,
il sera temps de relever ses manches.
Appel à témoignage : Si vous connaissez
une méthode plus efficace, sans danger pour le rejet et bien sur moins
pénible que celle décrite ci-dessous, n'hésitez pas à
en faire profiter tout le monde.
Disons tout de suite que la méthode "chimique" qui consiste à percer
des trous d'une vingtaine de centimètres dans la souche, de les remplir
tous les huit jours de chlorate de soude puis, au bout de six semaines, d'y verser
de l'essence avant d'y mettre le feu, est impossible ici. Etant donné que
la souche et le rejet ne forment qu'un seul être, ce serait la mort assurée
pour ce dernier. Cette méthode efficace doit être réservée
aux souches qui ne doivent pas produire de nouveaux sujets.
La première chose à faire est de bien choisir l'endroit
où doit se faire la séparation entre la souche et le rejet. C'est
en général assez évident si le rejet a bien prospéré
et a commencé à former sa propre souche. A cet endroit et de part
et d'autre, on commencera à creuser le plus profondément possible
pour arriver à dégager complètement ce point d'attache
et pouvoir passer une main dessous.
Ce travail est pénible, mais il est déconseillé, à
ce stade, d'utiliser un engin mécanique. Ils ne sont pas aussi précis
qu'un bon coup de pioche. Etant donné qu'il est impossible de savoir
quelle direction ont pris les grosses racines dans le sol, ils pourraient, avec
leur puissance énorme, en attraper une et soulever de terre le jeune
rejet. S'il n'en meurt pas, sa croissance sera gravement retardée.
Il faut maintenant couper à cet endroit. La tronçonneuse serait
idéale si, bien souvent, des pierres n'étaient incluses dans
le bois. Il faudra y aller avec beaucoup de précaution. La chaîne
devra souvent être aiguisée et peut être même remplacée
à la fin de l'opération. On peut aussi, si on n'est pas avare
de sa sueur, utiliser la scie à fil en la passant sous le point
d'attache. Lorsque la coupe est faite, il faudra passer à l'enlèvement
de la souche elle-même.
Bien souvent son centre est creux ou pourri. Avec votre tronçonneuse,
faites des entailles verticales de part et d'autre de l'endroit d'où
partent les racines principales. Choisissez celle qui se trouve à
l'opposé du rejet et, avec une pelle et une pioche dégagez
la autant que votre courage vous le permet. Au moyen de coins en acier et
d'une masse, il faudra alors agrandir les deux entailles qui la concernent
et ce, jusqu'à ce que cette portion soit bien séparée
du reste de la souche.
Il y a maintenant plusieurs solutions pour l'arracher du sol :
- Continuer à utiliser les coins, la masse, la pelle, la pioche et
votre force physique jusqu'à ce qu'un craquement sec vous annonce
votre victoire
- L'attacher avec un câble métallique, trouver un point d'ancrage
solide à proximité pour pouvoir y fixer un treuil manuel.
Ce point d'ancrage sera bien souvent la base d'un autre olivier. Pour ne
pas abîmer son écorce, la meilleure solution sera de glisser
sous le câble qui servira à attacher le treuil, un vieux pneumatique
coupé en deux. Lorsqu'on mettra le câble en tension, il vaudra mieux
ne pas se mettre dans son axe. Un câble qui lâche ou dérape
brusquement est très dangereux. Lorsque vous achetez un treuil, il
est toujours bien spécifié quelle tension il peut supporter
mais, durant son utilisation, rien n'indique quelle force il est en train
d'exercer. Entre lui, la souche et vous, il faudra bien qu'il se trouve
quelqu'un de raisonnable sinon sa destruction est garantie.
- Si le creux dans la souche est suffisant, on pourra y glisser un crick
de voiture mécanique ou hydraulique. De même, les écarteurs
hydrauliques qu'on utilise en mécanique peuvent être très
utiles. Cette méthode peut être associée à toutes
les autres.
- Enfin, si par bonheur vous avez à votre disposition un engin de
chantier ou un tracteur agricole, il suffira d'y fixer le câble pour
vous faire économiser des litres de sueur. Une automobile 4X4 équipée
d'un treuil électrique est aussi une excellente solution.
Il vous reste maintenant à répéter l'opération
et découper la souche en autant de portions que nécessaire.
Selon la profondeur à laquelle vous avez dégagé chaque
racine et, par conséquent, l'endroit où elles auront cassé,
il risque de rester dans la terre des portions assez grosses qui émettront
chaque année des rejets et gêneront le travail du sol. Elles
pourraient aussi pourrir et apporter des maladies. Il vaut mieux avoir encore
un peu de courage et les enlever au maximum. A ce stade, on pourra utiliser,
sans danger pour le rejet, un engin mécanique style tracto-pelle.
L'emplacement de la souche est maintenant un vaste trou qui peut atteindre
jusqu'à un mètre de profondeur. Si, avant de le combler avec
la terre déplacée, vous déversez au fond quelques brouettes
de fumier ou de végétaux en décomposition et quelques
poignées d'engrais lents (Voir Chapitre "La terre"), le jeune olivier
vous en remerciera par une croissance et une production exceptionnelle.
Toutefois il faudra absolument éviter que cette fumure ne touche
ses racines ou sa souche afin d'éviter leur pourriture.